Diverses personnalités, acteurs de terrain et associations comme Unicef France, signent une Tribune pour inciter les jeunes à appeler le 119

Lyes Louffok, très impliqué dans la démarche, explique qu’il s’agit “de compléter l’action du gouvernement qui a récemment renforcé sa communication sur le 119 en direction des adultes, explique nous avons choisi de cibler un public plus jeune, en espérant que cela permette de signaler davantage d’enfants en danger, et serve aussi à renforcer la connaissance de ce dispositif chez les enfants et les adolescents, dont on sait qu’ils sont prioritaires au 119 et que leurs appels peuvent donner l’alerte, qu’ils soient victimes, témoins ou confidents”.

Leur silence est un cri.
Nous avons 3, 4, 10, 12 ou 15 ans.

Nous sommes 140 000 enfants, probablement plus, exposés à la violence entre nos parents, dans nos foyers. Souvent victimes nous-mêmes, nous sommes deux chaque semaine à mourir. Rien qu’en 2016, 131 des nôtres ont été tués, 67 au sein de leur famille.

Nous sommes officiellement 52 000 chaque année à subir des violences physiques, sexuelles et psychologiques, mais probablement bien plus nombreux qui n’en parlons pas. Plus de 165 000 à subir des viols ou tentatives de viols, souvent d’une personne de notre famille.

Nous sommes des enfants, des adolescents, de tous les milieux sociaux, filles et garçons, victimes de violence.
Alors que nous avons peur dans notre foyer, les mesures qui nous protègent de l’épidémie en cours, dans le même temps nous y enferment et nous mettent davantage en danger. L’isolement actuel rend encore plus difficile à percevoir les signes des violences que nous vivons. Nos écoles sont fermées et la vigilance dont nous bénéficions n’est plus possible.

Notre silence est un cri, entendez-le.”

Ces mots, les enfants ne les disent pas, ils ne s’expriment pas toujours et encore moins dans ces termes d’adultes. Pourtant les adultes doivent les entendre et doivent savoir. C’est pourquoi nous, associations de protection des droits de l’enfant, écrivons ces mots pour eux, pour les protéger. Nous poussons un cri.

Alors que commencera demain la cinquième semaine de confinement, il est peu de doutes concernant le fait que les situations de violences à l’encontre des enfants augmentent dans ces circonstances particulières. Si les chiffres des violences faites aux femmes augmentent de plus de 30%, de tels chiffres ne sont pas connus pour les enfants. On sait toutefois que la violence physique s’abat dans près d’un cas sur quatre sur les enfants du foyer, et qu’ils sont des co-victimes de ces violences, lorsque la violence est indirecte. 80% des violences faites aux enfants ont lieu dans le cadre intrafamilial.

La situation est grave, elle est urgente. Confinés, les enfants voient leurs interactions sociales diminuer et leurs chances de pouvoir confier ce qu’ils vivent, de trouver du répit ou d’être aidés par un adulte bienveillant sont infimes. Les moyens d’alerter sont donc réduits, et les numéros d’urgence dont le 119 prennent encore plus d’importance, ils peuvent dans certains cas être l’unique solution. Pourtant, la première semaine de confinement a été dans la norme voire en deçà du nombre d’appels habituel et depuis, la hausse des signalements reste modérée.

Après le confinement viendra la sortie du confinement, avec des conséquences économiques et sociales importantes, qui risquent de fragiliser les familles et de pérenniser ou d’accroître encore les violences faites aux enfants.

C’est pourquoi la campagne d’information et de sensibilisation que nous lançons s’adresse aux enfants et aux jeunes en utilisant des mots simples afin qu’ils comprennent et en parlent, en caractérisant ce que sont les violences pour les aider à les identifier, en choisissant de communiquer en priorité sur les réseaux sociaux que les adolescents fréquentent et en ciblant la presse destinée aux enfants.

Plus largement, le cri que nous lançons doit être entendu de tous et de toutes : pendant le confinement comme après, il est crucial de redoubler de vigilance et de signaler au 119 tout doute concernant les violences, physiques, psychologiques ou sexuelles dont des enfants pourraient souffrir. On ne dira jamais assez qu’il vaut mieux signaler, au risque de se tromper, plutôt que de laisser un enfant en danger.

#EntendonsLeursCris 

Associations et avocats demandent des mesures contraignantes pour assurer la protection de tous les mineurs non accompagnés dans le contexte de l’épidémie du Covid-19

Le 6 avril, 36 Associations et syndicats s’associent à 88 avocats d’enfants et adressent une lettre ouverte au Premier Ministre pour l’alerter sur la situation dramatique de nombreux mineurs isolés qui, malgré les mesures prises par le gouvernement, continuent à être laissés sans protection.
Les obstacles à l’accès à une protection effective pour les mineurs isolés existaient avant la crise sanitaire, ils perdurent aujourd’hui. Les quelques mesures prises ces derniers jours et les recommandations adressées aux conseils départementaux ne suffisent pas à préserver tous les enfants de la rue lors des différentes étapes de leur parcours. Les nombreux exemples cités dans la lettre démontrent que :

  • certains départements continuent de leur refuser l’accueil provisoire d’urgence lorsqu’ils se présentent pour demander une protection, en violation de la loi.
  • d’autres mettent fin à leur prise en charge après avoir remis en cause leur minorité.
  • des ordonnances de placements provisoires prises par les juges des enfants ne sont pas exécutées.
  • les enfants et adolescents dont la minorité a été contestée avant la crise doivent survivre dans la rue, des campements ou des squats et sont exposés à tous les dangers.

L’épidémie de Covid-19 renforce immanquablement les risques rencontrés par ces jeunes dont l’état de santé est déjà fragilisé : impossibilité de respecter les mesures de confinement, accès insuffisants à l’alimentation, à l’hygiène et à l’eau, carences d’informations adaptées sur les gestes barrières et les précautions à prendre, difficultés d’accès aux soins.
Les conditions indignes dans lesquelles ils vivent les fragilisent face au Covid-19. La crise sanitaire les prive, en grande partie, du soutien que leur fournissaient les associations et les permanences juridiques, elle rend impossible l’accès à certains services administratifs et à de nombreux tribunaux pour enfants. Rien n’est prévu pour les jeunes qui présentent une forme non aggravée du Covid-19 et doivent faire l’objet d’un suivi médical et d’un confinement individuel, les centres dits « de desserrement » étant réservés aux majeurs.
Des solutions existent pourtant afin d’imposer aux départements le respect de leurs obligations en matière d’accueil provisoire et pour garantir la protection effective des enfants et adolescents dont ils ne reconnaissent pas la minorité. Nous sommes conscients de la difficulté qu’il y a à organiser la réponse publique, en cette période de crise qui touche l’ensemble des secteurs sociaux. Certaines mesures en faveur des personnes vulnérables ont d’ores et déjà pu être prises. Elles restent cependant quasi inexistantes pour les mineurs et jeunes majeurs isolés.
Nous proposons dans cette lettre ouverte une série de mesures immédiates à prendre afin qu’aucun enfant, que ce soit durant l’état d’urgence sanitaire ou une fois cet état levé, n’ait à dormir dans la rue ou dans des lieux indignes et dangereux. Les enfants isolés ne doivent pas être oubliés.


Organisations signataires :

  • Amnesty International France
  • Association d’Accès aux Droits des Jeunes et d’Accompagnement vers la Majorité (AADJAM)
  • Avocats pour la Défense des Droits des Etrangers (ADDE)
  • Association des Avocats de Toulouse pour la Défense des Etrangers (ADE)
  • Association pour la Défense des Mineurs Isolés Etrangers (ADMIE)
  • Association Nationale des Assistants de Service Social (ANAS)
  • la CASA
  • CGT-PJJ
  • Convention Nationale des Associations de Protection de l’Enfant (CNAPE)
  • Cimade
  • Défense des Enfants International (DEI-France)
  • Droits d’Urgence
  • Fédération des Acteurs de la Solidarité (FAS)
  • Fasti
  • Fédération Education Recherche Culture-CGT (FERC-CGT)
  • Fédération des Etablissement Hospitaliers et d’Aide à la Personne Privés non-lucratifs (FEHAP)
  • Fédération d’Entraide Protestante (FEP)
  • Gisti
  • Hors la Rue
  • Ligue des Droits de l’Homme
  • Médecins du Monde (MDM)
  • Médecins sans Frontières (MSF)
  • les Midis du MIE
  • Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP)
  • Paris d’Exil
  • Réseau Education Sans Frontières (RESF)
  • Secours Catholique – Caritas France (SCCF)
  • Soul Food
  • Syndicat des Avocats de France (SAF)
  • Syndicat National des Personnels de l’Education et du Social-PJJ (SNPES-PJJ)
  • Thémis
  • Timmy
  • UNICEF-France
  • UNIOPSS
  • Union Syndicale Solidaires
  • Utopia 56

Le Département de la Gironde très mobilisé face aux violences intrafamiliales

Dans un Communiqué publié le 8 avril le département de la Gironde a indiqué qu’en cette période de confinement à domicile, les violences faites aux femmes sont en augmentation dans le Département  (+25 à 28% de plaintes enregistrées par la police et la gendarmerie), comme partout sur le territoire. 

Comme l’indique le département depuis le début du confinement en Gironde, les travailleurs sociaux du Département ont déjà aidé cinq femmes à se mettre en sécurité et quitter leur domicile conjugal. Une veille est également mise en place par les travailleurs sociaux auprès des femmes victimes de violences identifiées avant le début du confinement.

Il souhaite également signaler que de nombreux dispositifs et associations restent accessibles pour venir en aide aux victimes de violences : ACV2F (Agir contre les violences faites aux femmes), APAFED (Association pour l’accueil des femmes en difficulté), PRADO (Association laïque d’aide aux victimes), Association Femmes Villenavaises Solidaires et Citoyennes, La Maison d’Ella, Association La Maison des Femmes, Association Solidarité Femmes Bassin, CACIS (Centre Accueil Consultation Information Sexualité), CIDFF (Centre d’Information sur les droits des femmes et des familles), Association Familles en Gironde, Association Femme Solidaires, Association La Maison de Simone, Planning Familial de la Gironde, Institut Don Bosco Vict’aid.

Les avocats bordelais sont également mobilisés pour conseiller et accompagner les victimes de violences intra familiales. Pour ce faire, ils viennent de créer un numéro d’urgence gratuit : 05 57 77 40 71.

Par ailleurs durant la commission permanente du 6 avril 2020, Jean-Luc Gleyze, président du Département et les conseillers départementaux ont attribué 60 000 euros de subvention pour la Maison d’ELLA. Inaugurée il y a un an, la Maison d’Ella, qui s’inscrit dans un réseau associatif en lien avec les publics et les thématiques, a pour objectif de faciliter la prise en charge de victimes de violences physiques et/ou sexuelles en proposant une offre de soins pluridisciplinaires sur la Gironde et de permettre le bon rétablissement physique et psychique des femmes victimes de violences physiques et/ou sexuelles.

Enfin, c’est l’occasion de rappeler que l’État a mis en place un système d’alerte par SMS. Les victimes de violences conjugales peuvent désormais alerter les forces de l’ordre ou le SAMU et les pompiers en envoyant un SMS au 114. Ce système permet de renforcer  le numéro d’écoute 3919 « Violences Femmes info », en place depuis 2014, ainsi que la plateforme arretonslesviolences.gouv.fr, qui reste active durant cette période et permet de tchatter avec les forces de l’ordre. Le message disparaît automatiquement après l’envoi, ce qui permet de sécuriser la personne qui envoie son message d’appel.

Le 119 est également ouvert, dédié à la prévention et à la protection des enfants en danger ou en risque de l’être.

Seine-Saint-Denis : une plateforme de mobilisation de volontaires pour l’accueil ASE

Dans le contexte actuel de crise sanitaire, la mise en tension des personnels est forte dans les établissements de tous types hébergeant des enfants, jeunes et familles au titre de la protection de l’enfance, ainsi que sur la structure expérimentale gérée par le Département directement visant à accueillir des enfants symptomatiques dont le confinement ne peut plus être assuré au sein de leur famille d’accueil ou établissement d’accueil initial.

Pour répondre à cette problématique, le Département de Seine-Saint-Denis a souhaité mettre en place une plateforme reposant sur la coopération et la solidarité :

  • au sein des services départementaux,
  • et entre services départementaux et associations de protection de l’enfance gérant des établissements et des services en SSD, sachant qu’une “réserve éducative inter-associative” est mise en place par IDEE93 en lien avec le Département.

Présentation : Il s’agit d’identifier d’un côté les besoins de chaque gestionnaire, de l’autre de recourir au volontariat parmi les agents départementaux (travailleurs sociaux, auxiliaires de puériculture…), les professionnels associatifs du secteur social et médico-social englobant l’hébergement, le milieu ouvert, la prévention spécialisée et la prévention, ainsi que les écoles de formation en travail social.

Le Département se propose d’organiser et de coordonner l’intermédiation entre vos besoins et les volontaires et/ou étudiants, à l’exception des salariés des associations adhérentes à IDEE93 qui assure la gestion de la réserve inter-associative.

En dehors du secteur associatif, nous avons besoin d’identifier précisément vos besoins en personnel et vous proposons pour cela le système simple suivant sous la forme d’un tableau partagé, à renseigner deux fois par semaine, par exemple le lundi et le jeudi, en cliquant ici.

Un onglet porte sur les besoins en personnel :

  • Votre organisme, le nom de l’établissement, l’adresse, et les contacts (téléphone, mail) ;
  • La typologie du public accueilli et le type de mission proposée ;
  • Le nombre de volontaires demandés et le volume et les plages horaires nécessaires ;
  • Les qualifications nécessaires du/des volontaire.s.

Un autre onglet recense les volontaires, et sera renseigné par IDEE93 en charge de la réserve éducative inter-associative, par les services départementaux pour mobiliser nos propres personnels, et par les écoles de formation en travail social.

Le traitement des données sera assuré par nos équipes, et nous sélectionnerons les volontaires pour les orienter vers les contacts identifiés dans vos structures. IDEE93 fera de même en ce qui concerne le secteur associatif en lien avec le Département.

La formalisation de l’engagement des volontaires pourrait être de 3 types :

  • une convention de mise à disposition d’un agent départemental mis à disposition du CDEF ou d’une association (rémunération par le Département)
  • un contrat à durée déterminée s’agissant de l’accueil d’étudiant en travail social, porté par une association (avec traçabilité de la dépense) ou par le Département si la mission est liée au projet d’internat de confinement
  • une convention de droit privé de mise à disposition entre associations, telle que mise en œuvre par IDEE93 avec l’ensemble des associations de protection de l’enfance, sachant que les associations de prévention spécialisée sont les premières sollicitées pour constituer la réserve éducative inter-associative. 

Pour répondre aux besoins éventuels de mobilisation conjointe auprès des enfants accueillis en “internat de confinement”, IDEE93 travaille également sur une proposition de mise à disposition de salariés de droit privé auprès du service public départemental.

Les agents publics volontaires peuvent directement écrire sur  volontaires@seinesaintdenis.fr.

Les professionnels volontaires associatifs continuent de s’adresser à leur association pour transmission à idee93@free.fr qui renseigne l’outil partagé selon les modalités décrites ci-dessus.

La Loire-Atlantique accentue son soutien aux jeunes majeurs

Le 31 mars le Conseil départemental de Loire-Atlantique a annoncé avoir voté le renforcement de son soutien – déjà important par rapport à un grand nombre de départements – en faveur des jeunes majeurs, à travers une série d’actions concrètes réparties en quatre axes : faciliter l’accès au logement, mieux accompagner le devenir adulte, soutenir le réseau relationnel et accompagner les jeunes parents. Rappelons également que les Assises nationales de la protection de l’enfance seront également organisés en collaboration avec ce Département à Nantes les 17 et 18 septembre sur le thème notamment des jeunes majeurs. 

Voici les principales mesures qui illustrent ces quatre axes (voir aussi ci-joint le Communiqué de presse complet):

  • Faciliter l’accès à l’hébergement avec des bailleurs comme Habitat 44 et des partenaires comme le CROUS ;
  • Accroître jusqu’à 25 ans le contrat jeune majeur (aujourd’hui 21 ans) ;
  • Donner le droit à l’expérimentation des retours possibles au sein des dispositifs de l’ASE ;
  • Soutenir le réseau relationnel des jeunes en développant des parrainages ;
  • Soutenir la création d’une association d’entraide entre jeunes issus de la protection de l’enfance ;
  • Accompagner la parentalité de ces jeunes devenant parents..

La concrétisation de ces actions interviendra progressivement via des collaborations avec des associations et des partenaires. 

Consultez le communiqué de presse complet ici.

Accès des enfants aux supermarché : le Défenseur des droits dénonce les refus et rappelle les règles

Le Défenseur des droits a eu connaissance de situations dans lesquelles l’accès à des supermarchés a été refusé à des enfants. Alors que de nombreuses familles sont monoparentales, ces refus ont pour effet soit de rendre impossible l’accès à des biens de première nécessité, soit de porter atteinte à l’intérêt supérieur des enfants en imposant qu’ils soient laissés seuls à la porte du magasin.  

Le Défenseur des droits tient à rappeler que le refus d’accès des enfants aux magasins d’alimentation ne fait pas partie des mesures restrictives relatives à la lutte contre la propagation du virus Covid-19, telles que détaillées dans la loi du 23 mars 2020 relative à l’état d’urgence sanitaire et les ordonnances d’application. Les magasins d’alimentation ne peuvent donc légalement interdire leur accès aux personnes accompagnées d’un ou de plusieurs enfants, ni demander à ces personnes de laisser leurs enfants à l’entrée du magasin, y compris au niveau des caisses ou à la garde d’un vigile.

Ces pratiques portent atteinte aux droits des personnes, particulièrement aux droits des parents isolés et à l’intérêt supérieur de leurs enfants. En effet, contraindre un parent à laisser son enfant seul à l’extérieur d’un magasin, ou seul auprès d’un adulte qu’il ne connaît pas, constitue une atteinte au droit de l’enfant à être protégé contre toute forme de violence. Le Défenseur des droits, chargé du contrôle du respect de la Convention internationale des droits de l’enfant en France rappelle que les enfants ont le droit d’être protégés contre toute forme de violence. Cette obligation d’assurer une protection s’impose à tous et à chacun.

La Fondation de l’Armée du Salut lance l’initiative « Free Plugs » pour que les sans-abri rechargent leur téléphone malgré le covid

Si la pandémie de coronavirus constitue une crise sanitaire sans précédent, elle a également de nombreux effets collatéraux sur les personnes sans abri, que le confinement isole d’une manière inédite. Se nourrir et se laver sont devenus extrêmement compliqué, mais comment appeler à l’aide quand on est seul dans la rue ? Comment garder le contact avec le monde extérieur quand il est devenu impossible de recharger son téléphone portable? C’est pour cela que l’Armée du Salut lance l’initiative citoyenne « Free Plugs », pour que chacun puisse laisser dépasser une rallonge électrique de sa fenêtre et que les personnes sans-abri viennent y recharger leur téléphone. 
 
En 2004, naissait le mouvement « Free Hugs ». Des milliers de personnes de par le monde proposaient des « Free Hugs », c’est-à-dire des câlins ou étreintes gratuites, afin de recréer du lien et de montrer que personne n’est jamais totalement seul.

Seize ans plus tard et alors que la pandémie de Covid-19 frappe le monde, seul le téléphone permet de garder le contact avec ses proches. Mais comment garder le contact ou même appeler des secours quand on est sans-abri, seul dans la rue, dans un squat ou dans une tente, et que tous les lieux où recharger son téléphone sont désormais fermés ? Fast-foods, bibliothèques, centres commerciaux, mais aussi parfois accueils de jour associatifs, autant de lieux désormais fermés au public et donc de possibilités en moins de recharger son téléphone portable pour celles et ceux qui dorment dans la rue.

Face à cela, la Fondation de l’Armée du Salut lance l’initiative « Free Plugs », pour que chacun puisse laisser dépasser de sa fenêtre une rallonge électrique à disposition des personnes en difficulté, pour qu’elles puissent venir recharger leur téléphone et continuer à utiliser un appareil qui est parfois devenu leur seule porte sur le monde extérieur. 

Les citoyens intéressés sont invités à aller sur https://bit.ly/FREEPLUGS pour télécharger l’affichette A4 à imprimer chez soi et à mettre au bout d’une rallonge électrique dépassant de sa fenêtre. Ils y trouveront également des consignes de sécurité pour une utilisation sans risque.

En cas de succès de l’initiative, un site internet sera créé afin de proposer une cartographie de l’ensemble des « Free plugs » disponibles. Une solution née en France et qui pourrait d’ailleurs se développer dans le monde entier, tant la crise du covid-19 est une crise mondiale.

Une plateforme d’urgence voit le jour pour venir en aide aux associations qui se mobilisent durant la crise sur don-coronavirus.org

A l’initiative de HelloAsso, en partenariat avec Ulule, KissKissBankBank et Givexpert plus de 150 collectes d’urgence y sont référencées. Elles permettent aux Français d’agir en faisant un don aux associations qui aident les personnels soignants, interviennent auprès de public fragiles ou soutiennent la vie et la solidarité locale.

Plus de 150 initiatives solidaires référencées partout en France

Organisé selon trois catégories : aides aux soignants ; aide aux publics fragiles et soutien à la vie quotidienne et sociale ; le site permet à chaque Français de soutenir une initiative qu’elle soit nationale ou locale.

Plusieurs collectes ont déjà réuni le soutien de nombreuses personnes parmi lesquelles :

  • Ensemble boxons le Coronavirus – Association Siel Bleu
    Depuis 22 ans, l’Association Siel Bleu accompagne les plus fragiles pour leur redonner le sourire et améliorer leur santé avec des solutions préventives universelles (l’activité physique adaptée, la diététique et les soins de supports au sens large). La collecte en cours doit permettre à Siel Bleu de sécuriser les 700 emplois créés depuis 1997 et d’assurer la pérennité de l’association ainsi que ses activités pour les 140 000 personnes accompagnées chaque semaine.
  • Fonds d’aide et d’urgence pour les jeunes du Refuge – Fondation Le Refuge
    La Fondation Le Refuge fait face à une période très difficile avec une baisse dramatique de près de 40% des dons depuis le début de la crise sanitaire liée au Covid-19. Les équipes de bénévoles et de salariés sont entièrement mobilisées pour assurer leurs missions d’assistance auprès des 254  jeunes accompagnés et hébergés. Cependant, des renforts immédiats sont nécessaires, notamment sur : la partie alimentaire en forte augmentation, les activités d’écoute et les frais de fonctionnement.
  • Covid-19 : évitons la mort sociale des personnes âgées – Les Petits Frères des Pauvres
    Les Petits Frères des Pauvres, qui luttent contre l’isolement des personnes âgées depuis 1946, ont une priorité aujourd’hui : maintenir les liens pour éviter une mort sociale de nos aînés pendant toute la période de confinement, tout en respectant les consignes sanitaires de distanciation sociale données par le gouvernement.
  • Les Paniers Solidaires – Le Réflexe Solidaire
    Les Paniers Solidaires est un projet collectif qui permet le financement de paniers (repas et produits d’hygiène) qui seront livrés aux personnes agées et isolés, aux sans-abris et aux personnels soignants. L’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris et la Croix Rouge Françaises assureront l’identification des bénéficiaires.

SOS enfants placés : un collectif pour lancer l’alerte

À  l’initiative de Yes 4 humanity – SOS enfants placés et my casa pour le Canada, pour faire remonter via les enfants placés et les professionnels les difficultés rencontrées face au Covid-19.

Le communiqué de Lyes Louffok, Marcelle Partouche Guttierez & Fouzy Mathey :

Depuis ce mardi 17 mars, les familles sont confinées partout en France. Les enfants ne vont plus à l’école, les parents restent travailler chez eux, et ils se côtoient donc en permanence. Une solution, maillon essentiel dans la lutte contre le coronavirus, qui pose des questions inédites aux services de protection de l’enfance.

En effet, le confinement renvoie chacun à des situations familiales très inégales. Dans un certain nombre de cas, la famille est le théâtre de maltraitances. Dans d’autres, l’enfant en a été séparé et confié aux services de l’Aide sociale à l’enfance. Comment dès lors s’assurer que la lutte contre le coronavirus ne se fera pas au détriment des droits de chaque enfant ?

Qu’adviendra t-il des enfants victimes de violences intrafamiliales ? Des enfants placés vivants seuls à l’hotel? Des enfants en attente d’évaluations? Des jeunes sortant de l’ASE à la rue ?

Mais surtout, qu’adviendra t-il de la protection des nombreux professionnels mobilisés ? De la sécurité des enfants dans les établissements dans les familles d’accueil et dans la rue ?

À situation inédite, action inédite !

Nous invitons les professionnels et les enfants placés à nous alerter sur les difficultés qu’ils rencontrent par le biais de ce formulaire ou de l’adresse mail sos@enfantsplaces.org.

Les enfants et les jeunes en situation d’isolement sont notre priorité.

Nous agirons en conséquence, nous avertirons les pouvoir publics en temps réel, et nous continuerons de mobiliser la société civile autour d’un même objectif : la protection de TOUS nos enfants.

Nous réaffirmons notre soutien et notre solidarité à l’ensemble des personnels mobilisés, les soignants comme les travailleurs sociaux.

Ensemble, rien n’est impossible.

Croix-Rouge : un numéro pour les personnes vulnérables isolées et non accompagnées

Pour répondre à la crise COVID-19, la Croix-Rouge française a suspendu certaines de ses activités pour se concentrer sur la réponse à l’urgence sanitaire et sociale (secours, maraudes, centres d’hébergement pour sans-abri, distribution alimentaire). Elle complète aujourd’hui sa réponse avec « Croix-Rouge chez vous », un dispositif qui s’adresse aux personnes vulnérables confinées en situation d’isolement social. En appelant le 09 70 28 30 00*, disponible 7J/7 de 8h à 20h, elles pourront bénéficier d’une écoute et d’un soutien psychologique, d’informations sur la situation, mais aussi de la possibilité de commander des produits de première nécessité livrés par des volontaires de la Croix-Rouge.

Toutes les personnes vulnérables isolées et non accompagnées, peuvent appeler le 09 70 28 30 00* ouvert 7j/7 de 8h à 20h.

A leur écoute, des volontaires de la Croix-Rouge pour leur proposer une écoute chaleureuse, les rassurer, les informer, mais aussi identifier les risques et les orienter vers d’autres services si nécessaire. Des professionnels de la santé mentale sont également disponibles pour leur apporter un soutien psychologique.

« Croix-Rouge chez vous » leur permet aussi de s’approvisionner en produits de première nécessité (denrées alimentaires, produits d’hygiène et médicaments sur ordonnance). Les demandes seront transmises sur le terrain aux unités locales de la Croix-Rouge française dont les bénévoles assureront la livraison.

Ce dispositif est d’ores et déjà disponible dans 80 départements en France Métropolitaine et devrait très vite s’étendre à tout le territoire.

Pour lui permettre de poursuivre et renforcer ses actions en réponse à l’urgence sanitaire et sociale, la Croix-Rouge française a besoin de la générosité de tous et lance un appel à dons.

Confinement et violences faites aux enfants à leur domicile : plan de continuité du 119

Adrien Taquet, Secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance, alerte sur les risques de maltraitance des enfants qui peuvent survenir pendant la période de confinement

En temps normal, l’école fait parfois office de « refuge » pour des enfants, et les personnels de l’Éducation nationale sont les premiers à transmettre des d’informations préoccupantes. Alors que seul un français sur quatre en moyenne déclare avoir le réflexe d’appeler le 119 face à une suspicion de violence sur mineur, la vigilance doit redoubler pendant cette période de confinement.

C’est le message qu’Adrien Taquet, secrétaire d’Etat auprès du Ministre des Solidarités et de la Santé, souhaite envoyer à chacun dans les prochaines semaines et c’est dans le même objectif qu’un certain nombre de dispositifs visant à prévenir les violences faites aux enfants dans un cadre privé ont été renforcés :

1°) Déclenchement du plan de continuité d’activité du 119 – Enfance en danger

Le Service 119-Allo Enfance en Danger a activé son plan de continuité d’activités pour assurer un maintien de l’activité des écoutants, indispensable au repérage des situations de danger ou de risque de danger d’enfants. L’ensemble de l’équipe du Groupement d’intérêt public enfance en danger (GIPED) continuera à s’articuler étroitement avec les Cellules de recueil d’informations préoccupantes (CRIP) des conseils départementaux, avec lesquels s’entretiennent régulièrement les services d’Adrien Taquet.

Un point hebdomadaire sera fait entre le Ministre et les responsables du 119-Enfance en danger pour suivre l’évolution de la situation des violences recensées.

Tél : 01 40 56 84 92 14, Avenue Duquesne Mél : sec.presse.enfance@sante.gouv.fr 1/2 75350 PARIS SP 07

Adrien Taquet appelle chacun à redoubler de vigilance pendant cette période, et à composer le 119 si l’on est témoin, même auditif, même dans le doute, de violence sur un enfant.

Il s’agit d’un geste simple sans risque pour chacun d’entre nous qui peut sauver la vie d’un enfant. Cela vaut également pour les enfants et adolescents confrontés à une telle situation pour eux- mêmes ou pour un autre mineur en danger. L’appel, gratuit depuis tous les téléphones, n’apparaît sur aucun relevé téléphonique.

Par ailleurs, des associations de protection de l’enfance restent plus que jamais à l’écoute pour fournir des conseils ou des orientations vers des services compétents, notamment :

2°) La justice maintient les procédures d’urgence permettant de garantir la protection de tous les enfants

Sur décision de Nicole Belloubet, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, les tribunaux sont fermés au public, pour éviter la propagation du virus. Les plans de continuité d’activité, déclinés dans chaque tribunal judiciaire selon les directives données, permettent d’assurer le traitement des contentieux urgents et d’assurer la protection de tous les enfants.

Des permanences sont assurées dans les tribunaux pour enfants afin de prendre les mesures utiles de protection pour les enfants exposés à une situation de danger. En cas d’urgence, des ordonnances de placement provisoire seront décidées par les magistrats pour garantir leur protection. L’accueil de ces enfants sera assuré par les professionnels de la protection de l’enfance, dont la mobilisation doit être saluée en ce temps de crise sanitaire inédite.

Des préconisations seront adressées à ces professionnels, afin de garantir leur sécurité sanitaire et celle des enfants accueillis.

Concernant la répression des violences faites aux enfants, les audiences de comparution immédiate ou les présentations devant le juge d’instruction qui s’imposent se tiendront.

3°) Sensibilisation des enfants et du grand public

Chacun doit également se sentir concerné par ce message de vigilance pour que la protection de nos enfants reste une priorité malgré le confinement qui s’impose.

Le Ministre en appelle à l’ensemble des diffuseurs -chaînes de télévision, radios, plateformes internet et réseaux sociaux, utilisés en particulier par les jeunes- afin qu’ils puissent relayer les messages de prévention et de promotion du 119-Enfance en danger.

Une campagne de sensibilisation sur l’enfance en danger à destination du grand public sera ainsi réactivée dans les prochains jours afin de favoriser cette vigilance collective.

Contact presse : sec.presse.enfance@sante.gouv.fr

Tél : 01 40 56 84 92 14, Avenue Duquesne Mél : sec.presse.enfance@sante.gouv.fr 2/2 75350 PARIS SP 07

  • –  La Voix De l’Enfant : 01 56 96 03 00
  • –  L’enfant Bleu – Enfants maltraités : 01 56 56 62 62
  • –  Colosse aux pieds d’argile : 07 50 85 47 10
  • –  Stop maltraitance / Enfance et Partage : 0 800 05 1234

Sens et repères méthodologiques

L’ Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE) vient de sortir un livret très intéressant et unique en son genre sur les repères méthodologiques après la survenue d’un événement dramatique en protection de l’enfance. La survenance d’un tel événement touchant un enfant constitue une expérience complexe pour les acteurs concernés par la situation. Au-delà des sentiments et ressentis qu’elle peut susciter auprès des professionnels, cette expérience confronte le secteur entier de la protection de l’enfance à la nécessité d’apprendre des situations difficiles dans une perspective de prévention et d’amélioration des pratiques. Centrée sur la prise en compte spécifique de l’enfant, la démarche de retour sur événement dramatique poursuit l’objectif de comprendre ensemble ce qu’il s’est passé, pour identifier les éléments qui ont contribué à la survenance du drame. Le livret précise le sens et les objectifs de la démarche, avant d’en expliciter le déroulé, au travers d’exemples d’expériences françaises et étrangères.

www.onpe.gouv.fr

La prévention de la radicalisation par la prévention spécialisée : partage d’expériences

Avec la publication de ce second guide de partages d’expériences, le Comité national des acteurs de la prévention spécialisée (CNLAPS) réaffirme son engagement et son exemplarité dans la politique de prévention contre la radicalisation. Ce document met à jour les pratiques d’accompagnement, aborde et approfondit notamment le travail avec les jeunes, avec les familles, la construction du filet social et du partenariat. Sont également examinés les liens avec la prévention spécialisée, les trajectoires et les parcours d’accompagnement, les conditions de réussite et les freins à cet accompagnement.

www.cipdr.gouv.fr

La CIDE : une boussole pour la protection de l’enfance ?

Dans la perspective des 30 ans de la Convention internationale des Droits de l’enfant (CIDE) une table ronde était organisée le 26 septembre par SOS Villages d’Enfants France sur le thème “Qualité de l’accompagnement en protection de l’enfance : les droits de l’enfant comme levier”. Cet événement, parrainé par Brigitte Bourguignon, a permis de rappeler la nécessité d’intégrer les principes de la Cide aux pratiques et aux politiques en direction de la jeunesse.

En parallèle, paraissaient Les Cahiers de SOS villages d’enfants  N°9 qui mettent en lumière le chemin qui reste à parcourir pour que les textes soient appliqués et les engagements des états tenus. Ils appellent à l’adoption et au développement d’une approche de la protection des enfants fondée, avec eux et pour eux, sur les droits de l’enfant (voir aussi page 30 et suivantes de ce numéro). Ce numéro bénéficie de la contribution de Geneviève Avenard, Défenseure des enfants, qui a accepté de nous faire partager, au fil des chapitres, son point de vue et son expertise.

Enfin, plusieurs grandes organisations dont SOS Villages d’enfants, La Croix-Rouge, l’Uniopss, le groupe SOS, Apprentis d’Auteuil, l’Unicef, et beaucoup d’autres, se sont rassemblées dans la Dynamique “De la convention aux actes” à l’occasion des 30 ans de la Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant (CIDE) pour porter ensemble des messages de plaidoyer pour une meilleure effectivité des droits de l’enfant en France et à l’international en direction des décideurs publics mais aussi de sensibiliser le grand public à ces enjeux. Les Actes issus de cette Dynamique qui ont été remis aux décideurs publics le 20 novembre lors d’une belle soirée au Théâtre du Merveilleux à Paris, sont consultables sur :

https://www.delaconventionauxactes.org/la-dynamique/

L’avenir du Médico-social et de la protection de l’enfance : les départements font connaître leurs attentes

Au lendemain de son 89e Congrès annuel qui se tenait à Bourges entre les 16 et 18 octobre, l’Assemblée des Départements de France (ADF) a fait connaître les dossiers prioritaires sur lesquels elle entend se mobiliser et ses attentes à l’égard du gouvernement. Parmi elles un certain nombre touchent au médico-social et à la protection de l’enfance.

L’ADF plaide pour la création d’Agences départementales des solidarités

Pour l’ADF il s’agit d’abord de poser ses jalons à l’aune de la nouvelle phase de décentralisation sur laquelle le gouvernement travaille avec un projet de loi prévu pour la fin du premier semestre 2020. Comme elle le rappelle, “le bloc social départemental connaît un contexte particulier : son financement est difficilement assuré et son pilotage départemental est régulièrement remis en cause. L’état, paradoxalement reporte sa responsabilité et sa charge sur les départements”. En conséquence l’ADF souhaite, après expérimentation, le déploiement d’“Agences départementales des solidarités” placées sous le pilotage des conseils départementaux pour assurer la coordination locale des acteurs publics et privés, et simplifier le parcours de l’usager. Pour plus de cohérence aussi entre besoins et ressources en matière de travail social, l’ADF propose de récupérer auprès des Régions une délégation de l’organisation des formations du secteur social.

Concernant la politique de la Famille : l’ADF souhaiterait que soit réorganisée l’articulation des relations entre les départements et les Caisses d’allocations familiales (Caf). En la matière, l’ADF est ouverte à un éventail d’hypothèses allant de l’attribution de sièges pour les départements aux conseils d’administration des Caf à la reprise partielle de certaines missions des Caf, jusqu’à l’absorption des Caf par les Départements.

En ce qui concerne la protection de l’enfance, l’ADF rappelle d’abord l’attachement des départements à cette politique et leur investissement : “Cette compétence confiée aux départements depuis les premières lois de décentralisation (dès les années 80), constitue le cœur de leurs politiques sociales, à laquelle ils consacrent 7,8 milliards d’euros annuels, charge financière qui ne cesse d’augmenter et mobilisent des moyens humains à la hauteur de l’enjeu. En effet, le placement sur décision judiciaire représente toujours la principale dépense (plus de 80 % du total) et son poids financier continue de croître”.

Protection de l’enfance : un dispositif et des professionnels qui souffrent, reconnaît l’ADF

Avant de faire ses propositions l’ADF rappelle le contexte de saturation des structures d’accueil et d’un dispositif qui souffre, “comme souffrent les collaborateurs sociaux des départements” qui par ailleurs se sentent injustement malmenés “à la suite de reportages ou déclarations qui jettent le discrédit sur le secteur”.  Elle rappelle cependant que professionnels et élus départementaux n’ont pas manqué de s’impliquer dans les différents chantiers ouverts récemment : missions parlementaires, Igas, démarche de concertation du secrétariat d’état chargé de la protection de l’enfance…Elle affirme que “les départements entendent évidemment poursuivre leur action déterminée auprès des mineurs en danger” et c’est “en renforçant leurs politiques de prévention, et ce, dès le plus jeune âge de l’enfant”.

Concernant la  Protection Maternelle et Infantile (PMI), l’ADF a fait savoir au gouvernement qu’elle doit demeurer une compétence départementale et être élargie avec la reprise par les départements de la santé scolaire, des 3 à 16 ans, sous condition de ressources transférées. Dans le cas d’apports financiers consentis par l’état pour renforcer les actions de PMI il sera demandé que la gestion de ces moyens supplémentaires revienne aux départements et non via des crédits délégués aux ARS. En contrepartie, les départements cesseraient la délivrance des agréments pour les établissements.

Les départements demandent plus de moyens pour la pédopsychiatrie et les Maisons des adolescents. Par ailleurs en matière de santé, l’ADF attend un engagement accru de l’état. D’abord en direction de la pédopsychiatrie qui “est aujourd’hui exsangue”, avec “des moyens très insuffisants alors que la situation de près d’un tiers des mineurs confiés à l’ASE requerrait un soutien clinique”. Elle rappelle que “les temps d’attente pour une intervention pédopsychiatrique peuvent atteindre jusqu’à une année. Or, les mineurs victimes de troubles psychiatriques réclament une réponse adaptée que ne peut fournir l’Aide sociale à l’enfance”.

Ensuite, en faveur des maisons des adolescents qui “devraient faire l’objet d’un soutien renforcé tant leur action est décisive, à un âge de grande fragilité potentielle pour certains jeunes”.

Enfin, dernier sujet et pas des moindres : les mineurs non accompagnés. L’ADF rappelle d’abord que le nombre de mineurs pris en charge par les services de l’ASE a été multiplié par 4 depuis 2015 avec alors 10 194 MNA à l’ASE contre 25 904 fin 2017, et plus de 40 000 fin 2018 (dont 10 000 jeunes en accueil provisoire). Selon les territoires, ils représentent entre 15 et 20 % des mineurs pris en charge au titre de l’ASE. En 2018, sur 60 000 évaluations complètes réalisées par les départements, les 3/4 des jeunes migrants se présentant comme mineurs isolés se sont finalement avérés majeurs, précise l’ADF.

“Le coût global de leur prise en charge s’est élevé à près de 2 milliards d’euros en 2018, précise l’ADF. Le dispositif est devenu trop lourd, tant pour les finances des départements que pour le personnel social, débordé par les demandes et par des tâches qui ne relèvent pas de ses compétences (comme le contrôle documentaire)”. Les négociations entre l’ADF et le gouvernement de 2018* ont débouché sur une participation financière de l’état loin d’être à la hauteur des attentes des départements, celui-ci ne prenant en charge au bout du bout“ que 14% des 2 milliards dépensés pour cette politique par les Départements”.

Dans ce contexte, l’Assemblée des Départements de France  réclame une “séparation claire entre, d’une part, l’accueil, l’évaluation et la mise à l’abri des jeunes migrants par l’Etat sur un mode identique aux demandeurs d’asiles et, d’autre part, la prise en charge par les départements des mineurs au titre de l’ASE, sur décision judiciaire, une fois leur minorité et leur isolement établis”. Elle demande également “une participation accrue de l’état au financement de l’accueil et de l’accompagnement des MNA au titre de la protection de l’enfance ; Une politique pénale claire avec le démantèlement et la répression des filières comme priorités ; Une remise en cause de la présomption de minorité et de la présomption d’authenticité des actes, qui fondent aujourd’hui l’orientation des jeunes vers l’ASE ; Le déploiement du dispositif d’aide à l’évaluation de la minorité (AEM) permettant notamment d’éviter les évaluations ou réévaluations ; Le renforcement de la formation des différents acteurs car le dispositif actuel montre de sérieuses lacunes”.

Lien : www.departements.fr

Délaissement parental : la Conférence à ne pas manquer

Encore trop d’enfants restent des années durant, dans un entre-deux – celui d’un délaissement plus ou moins manifeste des parents mais d’une absence de reconnaissance formelle de ce délaissement – qui les laisse dans un sentiment permanent d’insécurité, dans l’incompréhension et avec des souffrances qui pourraient être atténuées si d’autres perspectives familiales leur étaient offertes au cours de leur enfance. 

La dernière réforme de la protection l’enfance a prévu un dispositif pour faciliter le travail des professionnels sur ces questions. Reste que pour les acteurs éducatifs de services d’accueil (Mecs, Foyers de l’enfance, accueil familial) l’accompagnement de ces enfants délaissés est particulièrement complexe au quotidien comme dans l’appréhension de leur avenir. En ce qui concerne les services de protection de l’enfance départementaux, comme les magistrats, reconnaître que tel ou tel parent ne peut pas ou ne pourra plus exercer véritablement son autorité parentale reste sans doute l’un des actes professionnels les plus difficiles à poser.

C’est pourquoi l’Ecole de la Protection de l’Enfance (créée par l’Action Sociale société organisatrice des Assises de la Protection de l’Enfance) propose une conférence exceptionnelle à la Maison de la Chimie à Paris le 14 janvier prochain sur cette thématique, en présence des meilleurs experts cliniques et juridiques sur ces questions : Marie-Paule Martin-Blachais, Philippe Fabry, Elsa Keravel, Philippe Liébert, Anne Raynaud-Postel, ainsi que des professionnels de terrain, des jeunes ayant été placés et en présence de la Défenseure des Enfants, Geneviève Avenard.

Pour consulter ou télécharger le programme de la Conférence, cliquez sur ce lien https://ecoleprotectionenfance.com N’hésitez pas à partager l’information !

Lieu : Maison de la Chimie à Paris 

Renseignements : 01 53 10 24 10

Par L’Action Sociale, société organisatrice des Assises de la Protection de l’Enfance

Assises de la protection de l’enfance 2019 : les Temps forts dans le BPE

Outre la table ronde sur “Médias et protection de l’enfance” le BPE n° 108 qui vient de paraître traite de nombreux autres temps forts des Assises 2019 qui ont eu lieu à Marseille en juillet dernier dont l’intégralité de l’intervention du youtubeur Jhon Rachid qui a grandi en foyer, ainsi que la participation massive de jeunes sortant de l’ASE, en tribune comme en coulisses. Le numéro suivant à paraître en janvier consacrera plusieurs pages à la table ronde sur le “Besoin de repères des professionnels, des jeunes et des familles”, et à l’intervention de Boris Cyrulnik sur les 1000 premiers jours de la vie d’un enfant. Quant aux ateliers, ils seront disponibles bientôt uniquement sous la forme de verbatim sur le tout nouveau site des assises : www.assisesprotectionenfance.fr

Si vous souhaitez acheter ce numéro (PDF ou magazine papier) cliquez ici.

Le Youtubeur Jhon Rachid ovationné aux Assises de la Protection de l’enfance

“Avoir été placé n’empêche pas de s’en sortir, c’est important de le dire aussi … c’est ce que j’essaie de faire avec mon arme, le rire”.

ll est vidéaste, comédien, humoriste, compte 1,4 million d’abonnés à sa chaîne YouTube, 860 000 à son compte Instagram, des centaines de milliers de followers sur Twitter… si vous ne connaissez pas encore Jhon Rachid cela ne saurait durer car il fait de plus en plus parler de lui : en tant qu’artiste mais aussi à un titre plus personnel dans la sphère de la protection de l’enfance. Il se trouve en effet que c’est un “ancien” de l’Aide Sociale à l’Enfance qui après avoir raconté son enfance en foyer dans une vidéo – devenue virale avec 1,7 million de vues -, vient de sortir une bande dessinée sur son histoire : “Comme on peut”.

Il était présent aux 12e Assises nationales de la protection de l’enfance à Marseille lors de la table ronde sur “Médias et protection de l’Enfance”, pour livrer son point de vue d’artiste mais aussi d’individu plus personnellement concerné. Avant son témoignage, un long extrait de sa vidéo “J’ai grandi en foyer” était diffusé devant les 2000 professionnels présents donnant lieu à de nombreuses salves de rire et une longue ovation, laissant la star de YouTube particulièrement émue par la situation.

Retrouvez son puissant témoignage dans le BPE n°108 ou dans la vidéo disponible sur le tout nouveau site des Assises : www.assisesprotectionenfance.fr

Stop à l’ASE-bashing!

Tel est le thème du dossier principal du Bulletin de la Protection de l’Enfance (BPE) qui vient de paraître (N°108) et qui relate un certain nombre de temps forts des Assises de la protection de l’enfance 2019, dont la table ronde (passionnante) consacrée aux médias et à la protection de l’enfance qui est au cœur de ce dossier.

Si les alertes médiatiques autour des dysfonctionnements du système de protection de l’enfance sont indispensables et permettent dans bien des cas de répondre à l’urgence de situations individuelles ou collectives qui n’auraient pas dû exister dans un système de protection, les médias, en particulier grand public, ne savent pas montrer autre chose que ce qui dérape dans la protection de l’enfance. Résultat : aux yeux de l’opinion publique la protection de l’enfance se résume pour l’essentiel à des échecs, des violences, des scandales quand, en réalité, dans la majorité des situations, ce sont plutôt des parcours de vie pansés voire sauvés, des perspectives d’avenir consolidées qu’offre cette politique publique aux enfants concernés…

Peut-on s’accommoder de cette vision tronquée de la protection de l’enfance ? Ne doit-on pas s’inquiéter des effets délétères de cette ASE bashing, à commencer sur les mineurs protégés en contribuant à leur stigmatisation ? De même, à un moment où tous les spécialistes affirment que la protection de l’enfance doit être l’affaire de tous, ne donne-t-on pas, avec cette image d’inopérance de notre dispositif de protection, des arguments à l’opinion publique pour refuser de se mêler des affaires familiales de son voisin ?  Sans parler de la lassitude des professionnels de ce secteur de se voir sans cesse malmenés malgré leur engagement exigeant à un moment où le contexte de leur intervention n’a jamais été aussi complexe sur le plan social et économique.

Comment faire connaître l’autre facette de la protection de l’enfance à l’opinion publique ? Comment mieux communiquer dans les institutions et au sein du travail social pour convaincre les médias de parler autrement de la protection de l’enfance ? Quel rôle peuvent jouer les sortants de l’ASE pour promouvoir une vision plus équilibrée de la protection de l’enfance ? En quoi les médias du divertissement (cinéma, web,…) complètent-ils utilement les vecteurs d’information (cinéma, web,…).

Telles sont les questions traitées dans le dossier du nouveau BPE.

Si vous souhaitez acheter ce numéro cliquez ici.

#besoinderepères – Inscrivez-vous vite aux Assises 2019

Dépêchez-vous de vous inscrire aux 12e Assises nationales de la Protection de l’enfance qui ont lieu à Marseille les 4 et 5 juillet 2019

La présence de  nombreuses personnalités est confirmée. Outre le nouveau Secrétaire d’Etat en charge de la protection de l’enfance, Adrien Taquet, qui viendra présenter les premières orientations de la stratégie nationale de protection de l’enfance, le célèbre neuropsychiatre Boris Cyrulnik ou encore le philosophe Gilles Lipovetsky ont confirmé leur présence le 4 juillet. La table ronde finale du 5 juillet portant sur “protection de l’enfance et médias”, accueillera quant à elle, entre autres Jeanne Herry, actrice et réalisatrice du film Pupille. D’autres personnalités de grandes institutions comme la Défenseure des enfants ou d’importants décideurs locaux sont également attendus. 

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Interview exclusive d’Adrien Taquet

Le nouveau secrétaire d’Etat en charge de la protection de l’enfance semble avoir pris à bras-le-corps ses nouvelles responsabilités, lançant sans attendre une démarche ambitieuse de construction d’un pacte national pour l’enfance, et encourageant diverses missions parlementaires et autres démarches de consensus sur la protection de l’enfance. Les premières conclusions de ces chantiers seront connues en été. En attendant, Adrien Taquet nous explique dans cet entretien exclusif son état d’esprit, son ambition et ses premières orientations.

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Le BPE version papier accueille dorénavant dans ses pages la parole des sortants de l’ASE car elle est essentielle pour améliorer encore les réponses de notre système de protection de l’enfance

La rubrique “Pairs et Repairs” de 6 pages dans chaque numéro sera donc consacrée à l’expression de ces jeunes sur les thèmes qui leur sont chers et qu’ils souhaitent partager avec les professionnels qui lisent le BPE, ou qu’ils souhaitent croiser avec un professionnel particulier comme le permet la sous-rubrique “Portraits croisés” (voir pages suivantes). La rubrique est rédigée intégralement par les membres des associations Repairs ! 75 et 94.

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Il faut tout un village …

c’est la nouvelle rubrique que propose SOS Villages d’Enfants avec l’objectif d’apporter un éclairage des divers enjeux de la protection de l’enfance illustrés par les programmes et actions qu’elle développe dans une logique de synergie entre acteurs afin de créer des alliances éducatives dans l’intérêt de l’enfant.

Dans le numéro du magazine qui vient de paraître le Programme Spécifique d’Epanouissement Par le Sport (PEPS)  y est présenté.

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Chou-chou ou mal aimé Libérez-vous du regard familial

Voici un ouvrage original sur la délicate question du regard porté ou que l’on croit porté sur soi dans le cadre familial, proposé par Anne-Marie Sudry qui exerce depuis une dizaine d’années comme psychanalyste auprès d’adultes, d’adolescents et d’enfants, et Catherine Siguret, journaliste, scénariste et auteure d’une soixantaine d’ouvrages.

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La convention relative aux droits de l’enfant fête ses 30 ans : Passons « De la Convention aux Actes » !

Dans la perspective des 30 ans de l’adoption de la Convention relative aux droits de l’enfant par les Nations Unies, plus de 30 associations et collectifs se sont regroupés pour parler d’une seule voix au sein d’une dynamique collective intitulée “De la Convention aux Actes”.

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Mieux appréhender la question des négligences

Voici un ouvrage bienvenu sur la question des négligences (publié par Yapaka.be). Pas toujours aisées à repérer et mesurer, la négligence évolue le plus souvent à bas bruit. Et pourtant, il s’agit de la maltraitance la plus courante relevant de multiples facteurs d’ordre personnel, parental, environnemental et sociétal. Les conséquences impactent lourdement sur le développement de l’enfant avec d’importantes répercussions à l’âge adulte.

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Du placement massif des enfants en Morvan aux 30 ans de la CIDE : les jeunes confiés donnent de la voix !

En 2019, pour fêter les 30 ans des droits de l’enfant, DEI-France, section nationale de l’ONG qui a accompagné pendant 10 ans la rédaction de la CIDE, jusqu’à son adoption, le 20/11/1989 par l’Assemblée générale de l’ONU, s’associe au Musée des nourrices et des enfants de l’Assistance publique, aux Adepape 21, 75 et 94 (Repairs!), à la Maison du patrimoine oral de Bourgogne, pour offrir pendant toute l’année et à tous les visiteurs une double découverte.

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“Adolescents sans logement. Grandir en famille dans une chambre d’hôtel“ : une étude démontre les effets délétères sur leur vie quotidienne

Une étude sur les adolescents vivant avec leurs familles en hôtel social, menée avec l’appui du Défenseur des droits, lui a été présentée le 18 février 2019.

Réalisée par Odile Macchi, sociologue à l’Observatoire du Samu social de Paris et Nicolas Oppenchaim, sociologue à l’Université de Tours, elle repose sur des entretiens menés exclusivement auprès d’une quarantaine d’adolescents âgés majoritairement de 11 à 18 ans et vivant en hôtel social en Ile-de-France et à Tours.

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Protéger bébé et ses deux parents, dès sa vie prénatale, la vocation du centre parentale Aire de famille

Comment protéger un enfant, à naître ou nouveau-né, quand ses parents vivent dans l’insécurité psychologique, sans domicile et travail stables ? À cette question pressante, au cœur des politiques de protection de l’enfance, les auteurs apportent une réponse originale qui s’appuie sur le travail engagé par le centre parental Aire de Famille. Pendant dix ans, celui-ci s’est attaché à créer l’alliance des professionnels et du couple autour du bébé dès la vie prénatale, construisant ainsi une véritable prévention précoce dans des situations de grande précarité.

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Xavier Emmanuelli, fondateur du Samu social crée un numéro d’écoute pour répondre aux angoisses et aux questions pendant l’épidémie

Xavier Emmanuelli, travaille actuellement à la création d’un numéro d’écoute pour répondre aux angoisses et aux questions des Français pendant l’épidémie de coronavirus, a-t-il annoncé sur France info, lundi 30 mars.

En complément des plateformes déjà existantes, ce numéro est nécessaire pour “les gens [qui] n’ont pas l’usage du web, de l’internet”, estime l’ ancien secrétaire d’Etat chargé de l’Action humanitaire d’urgence. Xavier Emmanuelli aimerait que ce service soit proposé au numéro de téléphone 19. À défaut, le médecin affirme avoir déjà “créé avec une équipe de spécialistes le numéro 0 800 19 00 00, c’est-à-dire le 19, qui n’existe pas encore”. Ce numéro sera opérationnel dans quelques jours, a-t-il annoncé.

“J’ai des spécialistes, j’ai les écoutants” pour lancer le numéro, indique Xavier Emmanuelli, qui cherche toujours à recruter d’autres bonnes volontés pour les former. Le rôle des écoutants sera d’“apaiser, orienter vers toutes les plateformes de bonne volonté qui sont partout”. Ce serait donc “un numéro d’apaisement” qui agira “comme une soupape de sécurité dans la cocotte-minute”.

“Il faut mettre des mots sur notre angoisse, sur notre dépression. Autrement, on va devenir tous fous”, alerte Xavier Emmanuelli. “Il faut pouvoir avoir une discussion, que les gens puissent parler, c’est pour les pauvres, les humbles, les vieux, les errants, tout ce que vous voulez… De façon à ce qu’ils participent à ce combat contre le virus.”

Source France Info