Une plateforme d’urgence voit le jour pour venir en aide aux associations qui se mobilisent durant la crise sur don-coronavirus.org

A l’initiative de HelloAsso, en partenariat avec Ulule, KissKissBankBank et Givexpert plus de 150 collectes d’urgence y sont référencées. Elles permettent aux Français d’agir en faisant un don aux associations qui aident les personnels soignants, interviennent auprès de public fragiles ou soutiennent la vie et la solidarité locale.

Plus de 150 initiatives solidaires référencées partout en France

Organisé selon trois catégories : aides aux soignants ; aide aux publics fragiles et soutien à la vie quotidienne et sociale ; le site permet à chaque Français de soutenir une initiative qu’elle soit nationale ou locale.

Plusieurs collectes ont déjà réuni le soutien de nombreuses personnes parmi lesquelles :

  • Ensemble boxons le Coronavirus – Association Siel Bleu
    Depuis 22 ans, l’Association Siel Bleu accompagne les plus fragiles pour leur redonner le sourire et améliorer leur santé avec des solutions préventives universelles (l’activité physique adaptée, la diététique et les soins de supports au sens large). La collecte en cours doit permettre à Siel Bleu de sécuriser les 700 emplois créés depuis 1997 et d’assurer la pérennité de l’association ainsi que ses activités pour les 140 000 personnes accompagnées chaque semaine.
  • Fonds d’aide et d’urgence pour les jeunes du Refuge – Fondation Le Refuge
    La Fondation Le Refuge fait face à une période très difficile avec une baisse dramatique de près de 40% des dons depuis le début de la crise sanitaire liée au Covid-19. Les équipes de bénévoles et de salariés sont entièrement mobilisées pour assurer leurs missions d’assistance auprès des 254  jeunes accompagnés et hébergés. Cependant, des renforts immédiats sont nécessaires, notamment sur : la partie alimentaire en forte augmentation, les activités d’écoute et les frais de fonctionnement.
  • Covid-19 : évitons la mort sociale des personnes âgées – Les Petits Frères des Pauvres
    Les Petits Frères des Pauvres, qui luttent contre l’isolement des personnes âgées depuis 1946, ont une priorité aujourd’hui : maintenir les liens pour éviter une mort sociale de nos aînés pendant toute la période de confinement, tout en respectant les consignes sanitaires de distanciation sociale données par le gouvernement.
  • Les Paniers Solidaires – Le Réflexe Solidaire
    Les Paniers Solidaires est un projet collectif qui permet le financement de paniers (repas et produits d’hygiène) qui seront livrés aux personnes agées et isolés, aux sans-abris et aux personnels soignants. L’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris et la Croix Rouge Françaises assureront l’identification des bénéficiaires.

SOS enfants placés : un collectif pour lancer l’alerte

À  l’initiative de Yes 4 humanity – SOS enfants placés et my casa pour le Canada, pour faire remonter via les enfants placés et les professionnels les difficultés rencontrées face au Covid-19.

Le communiqué de Lyes Louffok, Marcelle Partouche Guttierez & Fouzy Mathey :

Depuis ce mardi 17 mars, les familles sont confinées partout en France. Les enfants ne vont plus à l’école, les parents restent travailler chez eux, et ils se côtoient donc en permanence. Une solution, maillon essentiel dans la lutte contre le coronavirus, qui pose des questions inédites aux services de protection de l’enfance.

En effet, le confinement renvoie chacun à des situations familiales très inégales. Dans un certain nombre de cas, la famille est le théâtre de maltraitances. Dans d’autres, l’enfant en a été séparé et confié aux services de l’Aide sociale à l’enfance. Comment dès lors s’assurer que la lutte contre le coronavirus ne se fera pas au détriment des droits de chaque enfant ?

Qu’adviendra t-il des enfants victimes de violences intrafamiliales ? Des enfants placés vivants seuls à l’hotel? Des enfants en attente d’évaluations? Des jeunes sortant de l’ASE à la rue ?

Mais surtout, qu’adviendra t-il de la protection des nombreux professionnels mobilisés ? De la sécurité des enfants dans les établissements dans les familles d’accueil et dans la rue ?

À situation inédite, action inédite !

Nous invitons les professionnels et les enfants placés à nous alerter sur les difficultés qu’ils rencontrent par le biais de ce formulaire ou de l’adresse mail sos@enfantsplaces.org.

Les enfants et les jeunes en situation d’isolement sont notre priorité.

Nous agirons en conséquence, nous avertirons les pouvoir publics en temps réel, et nous continuerons de mobiliser la société civile autour d’un même objectif : la protection de TOUS nos enfants.

Nous réaffirmons notre soutien et notre solidarité à l’ensemble des personnels mobilisés, les soignants comme les travailleurs sociaux.

Ensemble, rien n’est impossible.

Croix-Rouge : un numéro pour les personnes vulnérables isolées et non accompagnées

Pour répondre à la crise COVID-19, la Croix-Rouge française a suspendu certaines de ses activités pour se concentrer sur la réponse à l’urgence sanitaire et sociale (secours, maraudes, centres d’hébergement pour sans-abri, distribution alimentaire). Elle complète aujourd’hui sa réponse avec « Croix-Rouge chez vous », un dispositif qui s’adresse aux personnes vulnérables confinées en situation d’isolement social. En appelant le 09 70 28 30 00*, disponible 7J/7 de 8h à 20h, elles pourront bénéficier d’une écoute et d’un soutien psychologique, d’informations sur la situation, mais aussi de la possibilité de commander des produits de première nécessité livrés par des volontaires de la Croix-Rouge.

Toutes les personnes vulnérables isolées et non accompagnées, peuvent appeler le 09 70 28 30 00* ouvert 7j/7 de 8h à 20h.

A leur écoute, des volontaires de la Croix-Rouge pour leur proposer une écoute chaleureuse, les rassurer, les informer, mais aussi identifier les risques et les orienter vers d’autres services si nécessaire. Des professionnels de la santé mentale sont également disponibles pour leur apporter un soutien psychologique.

« Croix-Rouge chez vous » leur permet aussi de s’approvisionner en produits de première nécessité (denrées alimentaires, produits d’hygiène et médicaments sur ordonnance). Les demandes seront transmises sur le terrain aux unités locales de la Croix-Rouge française dont les bénévoles assureront la livraison.

Ce dispositif est d’ores et déjà disponible dans 80 départements en France Métropolitaine et devrait très vite s’étendre à tout le territoire.

Pour lui permettre de poursuivre et renforcer ses actions en réponse à l’urgence sanitaire et sociale, la Croix-Rouge française a besoin de la générosité de tous et lance un appel à dons.

Confinement et violences faites aux enfants à leur domicile : plan de continuité du 119

Adrien Taquet, Secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance, alerte sur les risques de maltraitance des enfants qui peuvent survenir pendant la période de confinement

En temps normal, l’école fait parfois office de « refuge » pour des enfants, et les personnels de l’Éducation nationale sont les premiers à transmettre des d’informations préoccupantes. Alors que seul un français sur quatre en moyenne déclare avoir le réflexe d’appeler le 119 face à une suspicion de violence sur mineur, la vigilance doit redoubler pendant cette période de confinement.

C’est le message qu’Adrien Taquet, secrétaire d’Etat auprès du Ministre des Solidarités et de la Santé, souhaite envoyer à chacun dans les prochaines semaines et c’est dans le même objectif qu’un certain nombre de dispositifs visant à prévenir les violences faites aux enfants dans un cadre privé ont été renforcés :

1°) Déclenchement du plan de continuité d’activité du 119 – Enfance en danger

Le Service 119-Allo Enfance en Danger a activé son plan de continuité d’activités pour assurer un maintien de l’activité des écoutants, indispensable au repérage des situations de danger ou de risque de danger d’enfants. L’ensemble de l’équipe du Groupement d’intérêt public enfance en danger (GIPED) continuera à s’articuler étroitement avec les Cellules de recueil d’informations préoccupantes (CRIP) des conseils départementaux, avec lesquels s’entretiennent régulièrement les services d’Adrien Taquet.

Un point hebdomadaire sera fait entre le Ministre et les responsables du 119-Enfance en danger pour suivre l’évolution de la situation des violences recensées.

Tél : 01 40 56 84 92 14, Avenue Duquesne Mél : sec.presse.enfance@sante.gouv.fr 1/2 75350 PARIS SP 07

Adrien Taquet appelle chacun à redoubler de vigilance pendant cette période, et à composer le 119 si l’on est témoin, même auditif, même dans le doute, de violence sur un enfant.

Il s’agit d’un geste simple sans risque pour chacun d’entre nous qui peut sauver la vie d’un enfant. Cela vaut également pour les enfants et adolescents confrontés à une telle situation pour eux- mêmes ou pour un autre mineur en danger. L’appel, gratuit depuis tous les téléphones, n’apparaît sur aucun relevé téléphonique.

Par ailleurs, des associations de protection de l’enfance restent plus que jamais à l’écoute pour fournir des conseils ou des orientations vers des services compétents, notamment :

2°) La justice maintient les procédures d’urgence permettant de garantir la protection de tous les enfants

Sur décision de Nicole Belloubet, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, les tribunaux sont fermés au public, pour éviter la propagation du virus. Les plans de continuité d’activité, déclinés dans chaque tribunal judiciaire selon les directives données, permettent d’assurer le traitement des contentieux urgents et d’assurer la protection de tous les enfants.

Des permanences sont assurées dans les tribunaux pour enfants afin de prendre les mesures utiles de protection pour les enfants exposés à une situation de danger. En cas d’urgence, des ordonnances de placement provisoire seront décidées par les magistrats pour garantir leur protection. L’accueil de ces enfants sera assuré par les professionnels de la protection de l’enfance, dont la mobilisation doit être saluée en ce temps de crise sanitaire inédite.

Des préconisations seront adressées à ces professionnels, afin de garantir leur sécurité sanitaire et celle des enfants accueillis.

Concernant la répression des violences faites aux enfants, les audiences de comparution immédiate ou les présentations devant le juge d’instruction qui s’imposent se tiendront.

3°) Sensibilisation des enfants et du grand public

Chacun doit également se sentir concerné par ce message de vigilance pour que la protection de nos enfants reste une priorité malgré le confinement qui s’impose.

Le Ministre en appelle à l’ensemble des diffuseurs -chaînes de télévision, radios, plateformes internet et réseaux sociaux, utilisés en particulier par les jeunes- afin qu’ils puissent relayer les messages de prévention et de promotion du 119-Enfance en danger.

Une campagne de sensibilisation sur l’enfance en danger à destination du grand public sera ainsi réactivée dans les prochains jours afin de favoriser cette vigilance collective.

Contact presse : sec.presse.enfance@sante.gouv.fr

Tél : 01 40 56 84 92 14, Avenue Duquesne Mél : sec.presse.enfance@sante.gouv.fr 2/2 75350 PARIS SP 07

  • –  La Voix De l’Enfant : 01 56 96 03 00
  • –  L’enfant Bleu – Enfants maltraités : 01 56 56 62 62
  • –  Colosse aux pieds d’argile : 07 50 85 47 10
  • –  Stop maltraitance / Enfance et Partage : 0 800 05 1234

Sens et repères méthodologiques

L’ Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE) vient de sortir un livret très intéressant et unique en son genre sur les repères méthodologiques après la survenue d’un événement dramatique en protection de l’enfance. La survenance d’un tel événement touchant un enfant constitue une expérience complexe pour les acteurs concernés par la situation. Au-delà des sentiments et ressentis qu’elle peut susciter auprès des professionnels, cette expérience confronte le secteur entier de la protection de l’enfance à la nécessité d’apprendre des situations difficiles dans une perspective de prévention et d’amélioration des pratiques. Centrée sur la prise en compte spécifique de l’enfant, la démarche de retour sur événement dramatique poursuit l’objectif de comprendre ensemble ce qu’il s’est passé, pour identifier les éléments qui ont contribué à la survenance du drame. Le livret précise le sens et les objectifs de la démarche, avant d’en expliciter le déroulé, au travers d’exemples d’expériences françaises et étrangères.

www.onpe.gouv.fr

La prévention de la radicalisation par la prévention spécialisée : partage d’expériences

Avec la publication de ce second guide de partages d’expériences, le Comité national des acteurs de la prévention spécialisée (CNLAPS) réaffirme son engagement et son exemplarité dans la politique de prévention contre la radicalisation. Ce document met à jour les pratiques d’accompagnement, aborde et approfondit notamment le travail avec les jeunes, avec les familles, la construction du filet social et du partenariat. Sont également examinés les liens avec la prévention spécialisée, les trajectoires et les parcours d’accompagnement, les conditions de réussite et les freins à cet accompagnement.

www.cipdr.gouv.fr

La CIDE : une boussole pour la protection de l’enfance ?

Dans la perspective des 30 ans de la Convention internationale des Droits de l’enfant (CIDE) une table ronde était organisée le 26 septembre par SOS Villages d’Enfants France sur le thème “Qualité de l’accompagnement en protection de l’enfance : les droits de l’enfant comme levier”. Cet événement, parrainé par Brigitte Bourguignon, a permis de rappeler la nécessité d’intégrer les principes de la Cide aux pratiques et aux politiques en direction de la jeunesse.

En parallèle, paraissaient Les Cahiers de SOS villages d’enfants  N°9 qui mettent en lumière le chemin qui reste à parcourir pour que les textes soient appliqués et les engagements des états tenus. Ils appellent à l’adoption et au développement d’une approche de la protection des enfants fondée, avec eux et pour eux, sur les droits de l’enfant (voir aussi page 30 et suivantes de ce numéro). Ce numéro bénéficie de la contribution de Geneviève Avenard, Défenseure des enfants, qui a accepté de nous faire partager, au fil des chapitres, son point de vue et son expertise.

Enfin, plusieurs grandes organisations dont SOS Villages d’enfants, La Croix-Rouge, l’Uniopss, le groupe SOS, Apprentis d’Auteuil, l’Unicef, et beaucoup d’autres, se sont rassemblées dans la Dynamique “De la convention aux actes” à l’occasion des 30 ans de la Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant (CIDE) pour porter ensemble des messages de plaidoyer pour une meilleure effectivité des droits de l’enfant en France et à l’international en direction des décideurs publics mais aussi de sensibiliser le grand public à ces enjeux. Les Actes issus de cette Dynamique qui ont été remis aux décideurs publics le 20 novembre lors d’une belle soirée au Théâtre du Merveilleux à Paris, sont consultables sur :

https://www.delaconventionauxactes.org/la-dynamique/

L’avenir du Médico-social et de la protection de l’enfance : les départements font connaître leurs attentes

Au lendemain de son 89e Congrès annuel qui se tenait à Bourges entre les 16 et 18 octobre, l’Assemblée des Départements de France (ADF) a fait connaître les dossiers prioritaires sur lesquels elle entend se mobiliser et ses attentes à l’égard du gouvernement. Parmi elles un certain nombre touchent au médico-social et à la protection de l’enfance.

L’ADF plaide pour la création d’Agences départementales des solidarités

Pour l’ADF il s’agit d’abord de poser ses jalons à l’aune de la nouvelle phase de décentralisation sur laquelle le gouvernement travaille avec un projet de loi prévu pour la fin du premier semestre 2020. Comme elle le rappelle, “le bloc social départemental connaît un contexte particulier : son financement est difficilement assuré et son pilotage départemental est régulièrement remis en cause. L’état, paradoxalement reporte sa responsabilité et sa charge sur les départements”. En conséquence l’ADF souhaite, après expérimentation, le déploiement d’“Agences départementales des solidarités” placées sous le pilotage des conseils départementaux pour assurer la coordination locale des acteurs publics et privés, et simplifier le parcours de l’usager. Pour plus de cohérence aussi entre besoins et ressources en matière de travail social, l’ADF propose de récupérer auprès des Régions une délégation de l’organisation des formations du secteur social.

Concernant la politique de la Famille : l’ADF souhaiterait que soit réorganisée l’articulation des relations entre les départements et les Caisses d’allocations familiales (Caf). En la matière, l’ADF est ouverte à un éventail d’hypothèses allant de l’attribution de sièges pour les départements aux conseils d’administration des Caf à la reprise partielle de certaines missions des Caf, jusqu’à l’absorption des Caf par les Départements.

En ce qui concerne la protection de l’enfance, l’ADF rappelle d’abord l’attachement des départements à cette politique et leur investissement : “Cette compétence confiée aux départements depuis les premières lois de décentralisation (dès les années 80), constitue le cœur de leurs politiques sociales, à laquelle ils consacrent 7,8 milliards d’euros annuels, charge financière qui ne cesse d’augmenter et mobilisent des moyens humains à la hauteur de l’enjeu. En effet, le placement sur décision judiciaire représente toujours la principale dépense (plus de 80 % du total) et son poids financier continue de croître”.

Protection de l’enfance : un dispositif et des professionnels qui souffrent, reconnaît l’ADF

Avant de faire ses propositions l’ADF rappelle le contexte de saturation des structures d’accueil et d’un dispositif qui souffre, “comme souffrent les collaborateurs sociaux des départements” qui par ailleurs se sentent injustement malmenés “à la suite de reportages ou déclarations qui jettent le discrédit sur le secteur”.  Elle rappelle cependant que professionnels et élus départementaux n’ont pas manqué de s’impliquer dans les différents chantiers ouverts récemment : missions parlementaires, Igas, démarche de concertation du secrétariat d’état chargé de la protection de l’enfance…Elle affirme que “les départements entendent évidemment poursuivre leur action déterminée auprès des mineurs en danger” et c’est “en renforçant leurs politiques de prévention, et ce, dès le plus jeune âge de l’enfant”.

Concernant la  Protection Maternelle et Infantile (PMI), l’ADF a fait savoir au gouvernement qu’elle doit demeurer une compétence départementale et être élargie avec la reprise par les départements de la santé scolaire, des 3 à 16 ans, sous condition de ressources transférées. Dans le cas d’apports financiers consentis par l’état pour renforcer les actions de PMI il sera demandé que la gestion de ces moyens supplémentaires revienne aux départements et non via des crédits délégués aux ARS. En contrepartie, les départements cesseraient la délivrance des agréments pour les établissements.

Les départements demandent plus de moyens pour la pédopsychiatrie et les Maisons des adolescents. Par ailleurs en matière de santé, l’ADF attend un engagement accru de l’état. D’abord en direction de la pédopsychiatrie qui “est aujourd’hui exsangue”, avec “des moyens très insuffisants alors que la situation de près d’un tiers des mineurs confiés à l’ASE requerrait un soutien clinique”. Elle rappelle que “les temps d’attente pour une intervention pédopsychiatrique peuvent atteindre jusqu’à une année. Or, les mineurs victimes de troubles psychiatriques réclament une réponse adaptée que ne peut fournir l’Aide sociale à l’enfance”.

Ensuite, en faveur des maisons des adolescents qui “devraient faire l’objet d’un soutien renforcé tant leur action est décisive, à un âge de grande fragilité potentielle pour certains jeunes”.

Enfin, dernier sujet et pas des moindres : les mineurs non accompagnés. L’ADF rappelle d’abord que le nombre de mineurs pris en charge par les services de l’ASE a été multiplié par 4 depuis 2015 avec alors 10 194 MNA à l’ASE contre 25 904 fin 2017, et plus de 40 000 fin 2018 (dont 10 000 jeunes en accueil provisoire). Selon les territoires, ils représentent entre 15 et 20 % des mineurs pris en charge au titre de l’ASE. En 2018, sur 60 000 évaluations complètes réalisées par les départements, les 3/4 des jeunes migrants se présentant comme mineurs isolés se sont finalement avérés majeurs, précise l’ADF.

“Le coût global de leur prise en charge s’est élevé à près de 2 milliards d’euros en 2018, précise l’ADF. Le dispositif est devenu trop lourd, tant pour les finances des départements que pour le personnel social, débordé par les demandes et par des tâches qui ne relèvent pas de ses compétences (comme le contrôle documentaire)”. Les négociations entre l’ADF et le gouvernement de 2018* ont débouché sur une participation financière de l’état loin d’être à la hauteur des attentes des départements, celui-ci ne prenant en charge au bout du bout“ que 14% des 2 milliards dépensés pour cette politique par les Départements”.

Dans ce contexte, l’Assemblée des Départements de France  réclame une “séparation claire entre, d’une part, l’accueil, l’évaluation et la mise à l’abri des jeunes migrants par l’Etat sur un mode identique aux demandeurs d’asiles et, d’autre part, la prise en charge par les départements des mineurs au titre de l’ASE, sur décision judiciaire, une fois leur minorité et leur isolement établis”. Elle demande également “une participation accrue de l’état au financement de l’accueil et de l’accompagnement des MNA au titre de la protection de l’enfance ; Une politique pénale claire avec le démantèlement et la répression des filières comme priorités ; Une remise en cause de la présomption de minorité et de la présomption d’authenticité des actes, qui fondent aujourd’hui l’orientation des jeunes vers l’ASE ; Le déploiement du dispositif d’aide à l’évaluation de la minorité (AEM) permettant notamment d’éviter les évaluations ou réévaluations ; Le renforcement de la formation des différents acteurs car le dispositif actuel montre de sérieuses lacunes”.

Lien : www.departements.fr