DJIHAD

L’épineuse question du devenir des enfants du Djihad

En Septembre 2017, on estimait que 1 910 français sont ou ont été concernés par le Djihad en Syrie ou en Irak. Parmi eux, 460 mineurs recensés sur le territoire revendiqué par Daech, dont la moitié a moins de cinq ans et un tiers y est né. 50 de ces mineurs seraient déjà rentrés, mais ce n’est qu’un début.

Le retour d’enfants djihadistes sur son sol est une situation inédite pour la France. Cette situation pose la question de la prise en charge de ces enfants en fonction de la spécificité de leur histoire. En effet, ces enfants ont non seulement été laissés dans l’errance éducative, récréative et intellectuelle, mais ils ont aussi souvent assisté à des scènes de guerre, qui ont laissé de lourdes séquelles dans leur comportement (tétanie, sursauts aux moindres bruits, etc.). De plus, certains enfants (dès 8 à 10 ans) ont été formés au combat et sont potentiellement dangereux pour leur entourage.

Comme annoncé par le Premier ministre, le 23 février dernier lors de l’annonce du nouveau plan national de prévention de la radicalisation, une nouvelle circulaire détaillant la prise en charge des enfants de retour de la zone irako-syrienne a été publiée. Le texte conforte la place des Parquets, conseils départementaux, ARS et préfectures au cœur du dispositif.

Mais concrètement, ce sont avant tout les leviers classiques de protection de l’enfance qui sont activés.

Lors des premiers jours qui suivent leur arrivée sur le territoire la priorité est donnée à l’évaluation de l’état de santé physique et psychique de ces jeunes, dans le cadre d’un placement provisoire ordonné par le parquet. “Ces enfants sont perturbés, ils ont vécu des bombardements”, résume un magistrat. “On ne sait pas ce qu’ils ont vu, vécu, ni à quoi ils ont participé pour les plus âgés (…)”.

À noter que la circulaire crée “un référent” – désigné au sein de l’ASE ou du service chargé de l’AEMO – pour “faciliter l’échange d’informations entre les professionnels soumis au secret”, mais aussi pour “mieux coordonner” les actions avec les services de santé et ceux de l’éducation nationale.

La circulaire indique également qu’une enveloppe du “Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) sera dédiée à la formation, l’accompagnement et au soutien des professionnels (travailleurs sociaux et médico-sociaux et professionnels de santé) prenant en charge ces enfants, ce qui répond à une forte revendication des professionnels en première ligne. Mais aucun montant n’est encore annoncé.

Enfin, la circulaire prévoit la création d’un “comité de suivi du dispositif” dont le secrétariat sera assuré par le SG-CIPDR. Ce comité “se réunira selon une occurrence trimestrielle pour assurer le bilan du dispositif, et si besoin, l’amender”.

À suivre donc, que ce nouveau défi, et pas des moindres, dans l’escarcelle des départements.

Plus d’infos : circulaire du 23/02/2018. www.legifrance.gouv.fr