Stop à l’ASE-bashing!

Tel est le thème du dossier principal du Bulletin de la Protection de l’Enfance (BPE) qui vient de paraître (N°108) et qui relate un certain nombre de temps forts des Assises de la protection de l’enfance 2019, dont la table ronde (passionnante) consacrée aux médias et à la protection de l’enfance qui est au cœur de ce dossier.

Si les alertes médiatiques autour des dysfonctionnements du système de protection de l’enfance sont indispensables et permettent dans bien des cas de répondre à l’urgence de situations individuelles ou collectives qui n’auraient pas dû exister dans un système de protection, les médias, en particulier grand public, ne savent pas montrer autre chose que ce qui dérape dans la protection de l’enfance. Résultat : aux yeux de l’opinion publique la protection de l’enfance se résume pour l’essentiel à des échecs, des violences, des scandales quand, en réalité, dans la majorité des situations, ce sont plutôt des parcours de vie pansés voire sauvés, des perspectives d’avenir consolidées qu’offre cette politique publique aux enfants concernés…

Peut-on s’accommoder de cette vision tronquée de la protection de l’enfance ? Ne doit-on pas s’inquiéter des effets délétères de cette ASE bashing, à commencer sur les mineurs protégés en contribuant à leur stigmatisation ? De même, à un moment où tous les spécialistes affirment que la protection de l’enfance doit être l’affaire de tous, ne donne-t-on pas, avec cette image d’inopérance de notre dispositif de protection, des arguments à l’opinion publique pour refuser de se mêler des affaires familiales de son voisin ?  Sans parler de la lassitude des professionnels de ce secteur de se voir sans cesse malmenés malgré leur engagement exigeant à un moment où le contexte de leur intervention n’a jamais été aussi complexe sur le plan social et économique.

Comment faire connaître l’autre facette de la protection de l’enfance à l’opinion publique ? Comment mieux communiquer dans les institutions et au sein du travail social pour convaincre les médias de parler autrement de la protection de l’enfance ? Quel rôle peuvent jouer les sortants de l’ASE pour promouvoir une vision plus équilibrée de la protection de l’enfance ? En quoi les médias du divertissement (cinéma, web,…) complètent-ils utilement les vecteurs d’information (cinéma, web,…).

Telles sont les questions traitées dans le dossier du nouveau BPE.

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