Québec-France : quid des jeunes qui sortent du système de la protection de l’enfance ?

L’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep ) a publié en février 2020 un rapport d’étude comparée entre la France et le Québec sur les jeunes qui sortent du système de protection de l’enfance et s’engage dans la vie adulte via une association d’entraide.

Dans ce rapport l’Injep confirme que quel que soit le côté de l’Atlantique “la transition vers la vie d’adulte est brutale pour les jeunes “placés”. Sitôt 18 ans (en France) ou 21 ans (au Québec), cette transition s’accompagne d’une injonction à l’autonomie et à l’indépendance dans un contexte socio-économique peu aisé et nombreux sont encore les jeunes qui participent à leur propre émancipation sans aide, méconnaissant trop souvent les associations d’entraide. L’étude de l’Injep se concentre donc sur l’engagement collectif des jeunes, notamment via des organisations de “placés” et d’anciens “placés” par l’Aide sociale à l’enfance (en France) ou par la Direction de la protection de la jeunesse (au Québec).

S’appuyant sur des entretiens de jeunes engagés dans l’accompagnement de leurs pairs, des observations de terrain et des documents issus des organisations d’entraide, cette étude tente de saisir comment et pourquoi ces jeunes placés et sortant de placement sont amenés à s’engager dans des organisations d’entraide et comment ces formes collectives d’engagement peuvent les soutenir dans leur processus d’autonomisation vers l’âge adulte. Cette solidarité entre pairs au sein des organisations d’entraide permet aux jeunes d’acquérir des connaissances sur leurs droits sociaux ainsi qu’un soutien social et un espace dans lequel ils peuvent donner du sens à leurs expériences difficiles de transition vers la vie adulte sans soutien familial. Ces associations d’anciens placés jouent un rôle majeur de soutien pour ces jeunes dans une période de leur vie pauvre en aides sociales. Elles tentent de remédier aux différentes carences des politiques publiques destinées aux 18-25 ans.

Cette recherche montre aussi tout leur travail de sensibilisation auprès des pouvoirs publics, notamment leur rôle dans la mise à l’agenda des problèmes publics qui les concernent (logement à la sortie, insertion professionnelle, continuité dans les études).

En savoir plus : www.injep.fr/wp-content/uploads/2020/02/rapport-2020-03-jeunes_places.pdf