Vous êtes trop jeunes pour que SPEAK ! soit une association sérieuse ! »

Combien de fois avons-nous entendu ce genre de remarques depuis la création de notre association en avril 2020… Si le fait d’être jeune est un phénomène engendrant forcément un manque de sérieux, alors les associations de pair’aidance n’auraient jamais grandi comme elles l’ont fait ces dernières années. Et pourtant, la pair’aidance ne cesse de se développer, et encore plus en protection de l’enfance. Alors du sérieux, de l’engagement, de l’humilité il nous en a fallu pour que l’on soit reconnu.e.s.

Nous avons décidé aujourd’hui de vous présenter notre processus de recrutement des bénévoles, mais aussi de la manière dont nous nous assurons d’avoir des personnes formé.e.s auprès de nos jeunes. En effet, l’association SPEAK ! a pour objet de lutter et de prévenir contre toutes les formes de maltraitances faites aux mineur.e.s et aux jeunes de 18 à 25ans.

Pour cela, il nous serait impensable de travailler avec des bénévoles qui ne soient pas formé.e.s à l’écoute, qui ne sachent pas réagir face à la libération de la parole ou aux obligations légales que cela peut engendrer (par exemple, le devoir de signaler en cas de faits de violences).

ON NE S’ENGAGE PAS À LA LÉGÈRE

Alors qu’avons-nous mis en place ? En premier lieu, nous avons élaboré un processus de « sélection » de nos bénévoles. Car, en effet, nous recevons beaucoup de demandes, mais nous ne donnons pas suite à toutes ces sollicitations. Nous commençons par rencontrer toutes les personnes qui nous envoient un mail. Ces ren- contres prennent presque la forme d’entretiens d’embauche. Après avoir présenté l’association en détail, nous posons des questions précises qui nous permettent de mieux cerner les profils et les motivations des poten- tiels futur.e.s bénévoles que nous avons en face de nous. Si l’issue de la rencontre est positive, nous envoyons la procédure d’adhésion. Celle-ci com- prend : un bulletin d’adhésion, le règlement intérieur qu’il faut signer, une cotisation et surtout une demande d’extrait de casier judiciaire vierge que le candidat devra joindre.

Si tout est en règle au niveau de l’inscription, nous reprenons rendez-vous avec les nouveaux bénévoles cette fois pour signer une convention de bénévolat. Celle-ci a pour objectif de sécuriser l’engagement du bénévole, mais aussi de l’association.

Enfin, pour tous les bénévoles qui décident d’accompagner les jeunes mineurs ou majeur.e.s, nous exigeons qu’ils suivent les trois modules de notre formation en interne.

BIEN FORMÉs ET BIEN INFORMÉs !

Cette formation a été conçue « sur mesure » pour les bénévoles de l’association SPEAK ! Elle se compose de trois modules d’une journée chacun.

Le premier module a été assuré cette année par madame Martine Nisse, thérapeute familiale et directrice du centre des Buttes Chaumont et par Magali Fougère-Ricaud, magistrate détachée à L’Observatoire National de la Protection de l’Enfance en tant que chargée de mission.

Ce premier module a pour objectif de sensibiliser nos bénévoles aux signes à repérer chez les enfants et les jeunes victimes de violences. Il fut aussi l’occasion de donner quelques chiffres concernant la protection de l’enfance et les règles de droit élé- mentaires à connaître quand on est chargé de l’accompagnement de mineur.e.s en danger.

Le second module se tiendra cette année en deux temps en raison d’un calendrier qui a été bousculé par les  mouvements de grève. Il est animé par Eva Thomas, lanceuse d’alerte dans les années 1980, autrice du «Sang des mots » (2004 Desclée de Brouwer) et du Viol du silence (1986 ed Aubier et 2021 Ed.Fabert), par Geneviève Avenard et Éric Delemar, ancienne et actuel défenseurs des enfants. La venue d’Eva Thomas est prévue en septembre 2023. Les deux défenseurs des enfants nous ont fait l’honneur d’intervenir en binôme au mois de mars dernier. Leur intervention a porté sur leurs constatations de terrain et sur la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE). En plus d’avoir été un moment extrêmement enrichissant pour nos bénévoles, il a été important de rappeler l’importance de la CIDE dans notre société, car encore trop d’enfants ignorent encore qu’ils ont des droits, et c’est à nous d’agir pour que cela change. Et enfin, le dernier module a été assuré par Cécile Guillemin, sociologue et formatrice en travail social. Ce module vise à faire en sorte que les bénévoles adoptent une posture adap- tée aux situations qu’ils rencontrent, mais aussi à ce qu’ils sachent rédiger des écrits factuels, qui respectent les règles de droit et de secret partagé. À l’issue de cette deuxième session de formation, nous avons constaté qu’il nous reste encore quelques progrès à faire en termes d’organisation. Mais nous sommes surtout heureu.x.ses de cette séance et de ce que nous ont apportés les intervenant.e.s qui, cette année encore, se sont mobilisé.e.s bénévolement à nos côtés. Merci à elles et eux !